Une capitale née de la cour
Bien avant d'être capitale, Madrid fut Magerit, où l'émir Mohamed Ier fit élever une construction destinée à protéger Tolède. Tout change à l'été 1561, quand Philippe II y installe la capitale du royaume : la population double en quelques années. En 1617, l'architecte Juan Gómez de Mora est chargé d'uniformiser les bâtiments de la Plaza Mayor ; après l'incendie de l'ancien Alcázar en 1734, Philippe V fait bâtir le Palais royal, dont Charles III est le premier occupant. Au XXe siècle, la Gran Vía, percée de 1910 à 1931, ouvre la ville à la modernité et aux premiers gratte-ciels du pays.
D'un quartier à l'autre
Le quartier des Austrias, le vieux Madrid, réunit le Palais royal et la Plaza Mayor. Sol et la Gran Vía forment la plaque tournante de la visite, selon l'office de tourisme. Le Barrio de las Letras rappelle les écrivains du Siècle d'or ; La Latina, c'est le Rastro, les tapas et la fête de la Paloma ; Lavapiés est, selon l'office de tourisme, un quartier populaire et multiculturel, creuset de traditions. Malasaña, berceau de la Movida des années 1980, cultive la mode rétro, tandis que le quartier de Salamanca aligne boutiques de luxe et tables étoilées.
Le triangle de l'art
Le Paseo del Prado relie les trois grands musées : le Prado et ses Vélasquez et Goya, le Thyssen-Bornemisza et ses sept siècles de peinture occidentale, le Reina Sofía et le Guernica de Picasso. Depuis juillet 2021, ce boulevard, de Cibeles à la place de l'Empereur-Charles-Quint à Atocha, forme avec le Retiro et le quartier des Jerónimos le Paysage de la Lumière, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. La carte Paseo del Arte donne droit à une visite dans chacun des trois musées pendant un an.
Madrid en trois jours
Premier jour, le Paseo del Prado : un grand musée le matin, le Retiro l'après-midi. Deuxième jour, la Puerta del Sol, la Plaza Mayor et le Madrid royal, du Palais royal à la cathédrale de l'Almudena et à la Galerie des Collections royales, avec le coucher de soleil aux jardins de Sabatini ou au temple de Debod. Troisième jour, la Gran Vía, puis La Latina à l'heure des tapas, ou le Rastro si l'on est dimanche. Un quatrième jour s'offre à Tolède, à Ségovie ou à l'Escorial.
Tapas et marchés
À Madrid, la tapa est une petite bouchée servie avec la boisson ; pour partager, on commande des raciones ou des demi-raciones, patatas bravas, croquettes ou tortilla. On l'accompagne d'une caña, d'un verre de vin ou d'un vermouth, tiré au robinet dans les bars les plus traditionnels. Le marché de San Miguel, près de la Plaza Mayor, est devenu marché gastronomique en 2009 ; d'autres ont suivi, comme San Antón à Chueca, et la Cava Baja, à La Latina, aligne tavernes et restaurants.
Les parcs
Le Retiro compte plus de 15 000 arbres, un grand bassin où l'on loue des barques et le Palais de Cristal, pavillon élevé pour l'Exposition des Philippines de 1887. Le long du Manzanares, Madrid Río déroule ses berges piétonnes et ses aires de jeux ; sur les rives de la même rivière, l'ancien abattoir de Matadero est devenu un centre de création. À l'ouest, la Casa de Campo, plus de 1 500 hectares, est le plus grand parc public de Madrid.
Quand venir
Au printemps, la roseraie du Retiro fleurit en mai et juin, et la ville fête son saint patron, San Isidro. L'été est très chaud : l'office de tourisme conseille d'éviter les longues balades en milieu de journée. L'automne colore le Jardin botanique ; l'hiver peut être froid mais souvent ensoleillé, avec le marché de Noël de la Plaza Mayor.